Simon voyage

Des volcans plein la vue à Java

Je savais que j’avais un penchant pour les phénomènes volcaniques et je peux dire que ça s’est même amplifié à Java. Cette île, la plus densément peuplée de la planète, possède aussi la plus grande concentration de volcans au nombre de 45. De quoi s’amuser longtemps!

Bromo, Semeru et Batok

La grande vedette des volcans javanais est sans aucun doute Bromo. Culminant à 2 329 mètres, son cratère fait 800 mètres de diamètre et 200 mètres de profondeur. Très actif, il est régulièrement inaccessible. On le confond souvent. Sur la photo suivante, on voit en arrière-plan le stratovolcan Semeru, plus haut sommet de Java à 3 676 mètres d’altitude. Il a la particularité d’émettre un petit panache de fumée aux 30 minutes. En avant-plan, c’est le joli cône de scories Batok (2 440 m). Jamais je n’ai été aussi couvert de poussière qu’après l’avoir gravi! Bromo est donc ce petit cratère duquel un jet de fumée non-toxique émane régulièrement. La grande plaine est la Mer de Sable (Sea of Sand) d’où le Suisse Max et moi avons fait une mémorable traversée… en scooter!

Lors de mes deux passages (un avec Jans l’Allemand et l’autre avec Max), j’en ai eu plein la vue de divers lieux et à divers moments de la journée. Selon moi, c’est au lever du jour d’un belvédère nommé King Kong qu’on a l’image de rêve! Il ne suffit que de quelques minutes après l’apparition du soleil et que la horde de touristes organisés décampe vers Bromo lui-même. C’est alors magique!

Marcher sur les rebords du cratère de Bromo demeure un incontournable.

De nombreux autres lieux d’exploration sont possibles.

Ijen

À chaque nuit, des centaines de touristes visitent le volcan actif Ijen pour voir danser le fameux blue fire (feu bleu), pour observer les mineurs extraire le souffre et contempler le soleil se lever sur le lac de cratère le plus acide au monde.

Dès 22h30, Max et moi devons nous lever afin de prendre le taxi nous menant vers le poste d’accueil. À une heure du matin, après avoir loué un masque à gaz, nous nous rendons jusqu’au rebord du cratère. Déjà, on sent l’odeur du souffre. Un panneau décourage quiconque de s’aventurer dans le cratère et espérer y voir le blue fire. Comme tout le monde, nous ignorons le message et amorçons notre abrupte descente dans l’obscurité. Nous devons rapidement porter notre masque. La visibilité est passable. Certaines personnes rebroussent chemin tant les gaz sont intenses. La respiration est de plus en plus difficile mais au bout d’une trentaine de minutes nous parvenons à atteindre le lac. C’est là que nous observons ce fameux blue fire qui va et vient devant nous sur une surface d’une trentaine de mètres carrés. Visible uniquement de nuit, ces flammes bleues, pouvant atteindre 600 C, sont le produit de gaz sulfuriques enflammés émergeant de fissures. Impressionnant phénomène de la nature!

Tout juste à côté des mineurs extraient du minerai de souffre créé par les émanations jaunâtres se déposant sur les parois du cratère en concrétions de cristaux. Ils déposent le minerai dans des paniers qu’ils transportent sur leur dos de la solfatare jusqu’en bordure (300 m D+) avant de redescendre jusqu’à l’accueil (3 km). La plupart des mineurs effectuent le difficile trajet deux fois par jour leur rapportant un peu plus que le salaire moyen. Pour en savoir davantage, voir cet excellent article.

La matinée se termine par un lever de soleil. Encore une fois, il ne suffit de patienter que quelques minutes pour voir disparaître presque tous les touristes et apprécier davantage le site. De toute beauté!

Lawu

Le volcan Lawu (3 265 m), bien qu’officiellement actif, semble bien endormi. Du sommet, on peut observer à l’est Semeru, Arjuno, Kelut. À l’ouest, on peut voir Merbabu et Merapi. Etant le seul étranger ce jour-là, tout au long de la journée, j’ai eu droit à de nombreux sourires, des tonnes de « Hello Mister », plusieurs « Where do you come from? », « Be careful Mister » et aussi des dizaines de demandes pour être pris et photo… et me retrouver sur Instagram, sans doute! J’ai joué le jeu telle une vedette rock… Mettons! Haha! Il faut savoir que les locaux provenant de divers villages sont peu habitués à voir des grands étrangers blancs!

Merapi

Merapi (environ 2 900 m) n’est pas le plus haut mais est le volcan le plus actif et le plus dangereux d’Indonésie. Lors de sa dernière éruption majeure, son sommet s’est même horizontalement déplacé de quelques dizaines de mètres. Par conséquent, il est interdit aux randonneurs de s’en approcher. De Selo, de beaux points de vue s’offrent à moi.

Merbabu

Merbabu (3 145 m) signifiant « montagne de sable » est la meilleure option pour voir son voisin, le fameux Merapi. Là aussi, seul étranger, je me suis fait de nombreux nouveaux amis au lever du jour! Au loin, j’aperçois deux superbes volcans coniques : Sumbing et Sindoro. C’est à ce moment qu’ils sont devenus mes prochains objectifs!

Sumbing et Sindoro

Ne cherchez pas Sumbing (3 371 m) ou Sindoro (3 151 m) dans un guide Lonely Planet. Vous n’y retrouverez aucune mention. Ces volcans méconnus devraient se retrouver sur la liste de tout bon « gunung (volcan) bagger »! Tout à fait par hasard, je suis tombé sur une petite perle d’hébergement de type « base camp » sur le col reliant les deux jumeaux : Kedal Kunang Kunang. Tenu par Dool, un homme d’une gentillesse et d’une générosité hors du commun, j’ai été accueilli d’une façon exceptionnelle! Merci à Dool, Goodal, Yoos, Khentung et les autres!

Je me suis donné comme défi de gravir Sumbing au coucher de soleil immédiatement suivi de Sindoro au lever du soleil. Je pars donc vers midi sur les pentes de Sumbing. Au sommet, un impressionnant cratère au milieu duquel eau en ébullition et vapeurs de souffre jaillissent. Superbe!
Couché vers 22 heures et levé à 2 heures du matin, je pars en scooter vers le pos 1 (camp 1) puis marche d’un bon rythme juste à temps pour atteindre la bordure du cratère pour le lever du soleil vers 5 h 30. Quelle belle récompense de pouvoir faire deux fois le tour de ce cratère crachant bruyamment des vapeurs de souffre. Au retour, le frein avant de mon scooter rend l’âme. Dool et Goodal se sont occupés de récupérer le véhicule et de retirer la pièce défectueuse me permettant ainsi de retourner « en toute sécurité » vers Yogyakarta (100 km environ)!

Il reste encore beaucoup de volcans à explorer en Indonésie. Il faudra que j’y retourne assurément! 😃

3 reflexions sur “Des volcans plein la vue à Java

  1. Pingback: Indonésie : Conclusion – Simon voyage

  2. Christian O.

    Monsieur T,

    C’est définitivement parmi les meilleures collections de clichés que vous avez mis en ligne.
    Vraiment impressionnant!

    J’espère que vos vêtements ne sentiront pas le soufre comme certains des miens. Plus de 2 ans!

    Bonne route!

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